dimanche 29 mars 2009

RENAISSANCE




















(triolet)


Sous l'ondée fine et printanière
la forêt boit avidement...
Puis se pomponne et déblatère,
sous l'ondée fine et passagère ...
Chassant le gel et la poussière
elle s'anime, indolemment ...
Sous l'ondée fine et passagère,
la forêt boit, avidement !

Son coeur ardent bat la chamade
sortant à peine des frimas ...
Bien qu'il soit prêt pour la parade,
son coeur ardent bat la chamade ...
Tous les moineaux, en embuscade,
guettent l'envoi du branle-bas ...
Son coeur ardent bat la chamade,
sortant à peine des frimas !

Il est heureux l'orme champêtre
dans l'éclat d'or du renouveau ...
Les bras tendus vers le grand hêtre,
il est heureux l'orme champêtre ...
Un feu surgit et le pénètre,
faisant vibrer un grand rameau ...
Il est heureux l'orme champêtre,
dans l'éclat d'or du renouveau !

Ne bouge pas ... sois patiente,
c'est le miracle de l'espoir ...
Regarde-le, l'arbre en attente,
ne bouge pas, sois patiente ...
Ecoute-le, il parlemente
avec l'oiseau ... sur son perchoir ...
Ne bouge pas, sois patiente,
c'est le miracle de l'espoir !



dimanche 15 février 2009

ESPERANCE


Ne te retourne pas vers ta folle jeunesse
Quand, l'automne arrivé, souffle un vent glacial
Coulant, sournoisement, son frisson infernal
Jusqu'au bout de la nuit... au coeur de ta détresse !

Ne te referme pas sur le mal qui t'oppresse ;
Ta douleur est réelle et n'a rien de banal
Mais, tu dois rechercher un moyen radical,
Un centre d'intérêt, soulageant ta faiblesse !

... Les ténèbres ont fui ! Le jour va se lever ...
Pour un nouveau parcours tu veux bien t'apprêter ;
Ton âme endolorie attend la délivrance ...

Ton regard hésitant surveille l'horizon
Et s'émeut, libéré, reprenant confiance,
Lorsque l'espoir flamboie au soleil d'Apollon !

( Sonnet)

dimanche 18 janvier 2009

AU GRE DU VENT

Très souvent, dans mon esprit,
s'anime un vent de folie ...
dès l'aurore,
sans douter de l'éclaircie,
j'aime aller, d'un pas hardi,
sifflotant, le nez au vent,
choisissant le doux moment
où la journée s'élabore !

Partir ... vers le levant ...
rien n'est plus rafraîchissant ...
vers le mer ...
n'accepter pour confident,
pour ami, rien que le vent ...
regarder chaque voilier,
doucement se balancer,
si léger sous le ciel clair !

Se rapprocher de la plage
pour repérer son sillage ...
les pieds nus ...
frissonner au vent d'orage,
se hâtant vers le rivage ...
alors qu'au loin l'horizon
retient son premier rayon,
pour faire face aux imprévus !

Puis, sous le vent en colère
qui gémit ou vocifère ...
courber le dos ...
il hésite ou se libère,
et la crise est passagère ...
attendre les yeux fermés,
en goûtant le vent salé,
la dérive du chaos !

Car, très vite, capricieux,
tourne le vent ombrageux,
diffusant,
sur les flots rassérénés,
le soleil enfin levé ...
le glissant sous chaque crête,
en assurant sa conquête
dans un baiser scintillant !

mercredi 7 janvier 2009

CONTE DE NOËL (2° Partie)


Un an plus tard, jour pour jour, la mouette bretonne est revenue ... Elle a choisi une aube enneigée, au plafond bas, aux bruits feutrés, étouffés ... Tout d'abord, je ne l'ai pas détectée, son plumage se confondant avec la mousse blanche enrobant le sapin ... Elle paraît rêveuse ... Sans doute cherche-t-elle l'élégant sorbier et le couple de merles rencontrés lors de son dernier voyage !...

Ecoute ma jolie mouette, je vais essayer de satisfaire ta curiosité ! Depuis ton dernier passage le merle a succombé à un mal sournois contre lequel la merlette n'a pas pu lutter ... Il a fermé ses paupières sur un monde qu'il ne comprenait plus et dans lequel il ne se sentait plus vivant ... il est allé rejoindre ses ancêtres un soir d'été, sans déranger personne ... il s'est envolé vers un pays que nous découvrirons un peu plus tard ... Alors, la merlette, résignée, continue sa route, seule ... encore un peu !

Lorsque le merle a commencé à se replier sur lui-même, l'on s'est aperçu que le sorbier dépérissait ... Le merle avait de plus en plus de difficultés à ouvrir ses ailes tandis que le sorbier, lentement, perdait ses belles couleurs alors que ses fruits devenaient rares et flétris ! Il fallut sacrifier une branche, puis deux, puis trois ... le bel arbre faisait peine à voir ... même le vent , qui le connaissait depuis très longtemps, n'arrivait plus à le secouer, à lui redonner un peu de vigueur ... On avait l'impression que, lui aussi, subissait un mal sourd, invisible, mais le rongeant chaque jour un peu plus !...

Après la disparition du merle, on fit venir un spécialiste, un médecin des arbres ; il hocha la tête devant le jaunissement anormal du feuillage restant ... Avec un scalpel approprié il creusa sous l'écorce de l'énorme tronc ... Une poussière fine, noire et abondante s'en échappa aussitôt :

"- Je regrette, nous dit-il, mais le sorbier ne refleurira jamais ... Il est usé et rongé jusqu'au coeur ... il faut l'abattre !..."

Voilà pourquoi, cette année, tous les deux ont disparu de notre horizon ... mais, je vais te dire un secret ma jolie petite mouette : je crois que le sorbier se serait accroché davantage à la vie si le merle avait pu continuer à le regarder, à lui parler, à admirer sa floraison ... L'amitié les liait depuis si longtemps que l'arbre magnifique n'a pu supporter sa solitude ; lui aussi a préféré refermer ses ailes pour toujours !

Alors, je vais te donner un conseil précieux : bientôt tu vas repartir vers ta Bretagne natale ... On voyage rarement tout seul lors d'un trajet aussi long ! ... Lorsque tu seras fatiguée et que tu auras besoin de chaleur, entoure-toi d'oreilles attentives et, doucement, parle- leur du merle et du sorbier alpins ... Tu verras les yeux briller, tu entendras le silence de l'émotion et ton coeur se réjouira d'être le messager d'une si belle histoire d'amitié car, toi tu le sais bien, cette histoire est vraie !


CONTE DE NOËL (1° partie)


Une jolie mouette (comme l'on n'en voit qu'en Bretagne) m'a porté le bonsoir ... Elle n'était pas triste du tout, simplement désireuse d'avoir des nouvelles de ses "congénères" alpines !...

Or, il se trouve qu'ici, à presque 800 mètres d'altitude, elle n'a trouvé qu'un couple de merles pour la recevoir ... Le merle a perdu son joli bec jaune mais s'intéresse toujours, du moins je le pense, à ce qui se passe sur le sorbier d'en face ... Il ne siffle plus, mais se pose toujours quelques questions quand il aperçoit des têtes connues comme celle de la mouette ... D'où vient-elle ,... Qui est-elle ?... Où donc l'ai-je déjà rencontrée ?... Je suis content de sa visite !... Puis, il replie ses ailes et laisse le temps couler ... lentement ... Est-il encore heureux ?... Qui le sait ! ... En tous cas, il ne paraît pas malheureux car il y a toujours la merlette pour s'en occuper, lui donner la becquée, lui lisser les plumes, le faire sourire et, ma foi, elle y arrive assez bien !... Car, pour faire sourire un merle ... il faut avoir pas mal d'entraînement, et elle en a ! ...

Alors la mouette est repartie vers sa Bretagne, elle s'est arrêtée au milieu des landes et des menhirs de granit car elle y connaît de drôles d'oiseaux, dont l'un, en particulier, sait lancer des trilles à vous émerveiller un rossignol ... d'ailleurs, cela s'entend de très loin surtout lorsqu'il a la bonne idée de rassembler quelques volontaires et là, le résultat fait passer une émotion qui dépasse les frontières ...

Merci de ton passage jolie mouette, reviens de temps en temps, tu sais que le sorbier refleurira et que les merles seront toujours là pour te souhaiter la bienvenue .